POLITIQUE

Patrice Talon et l’appel au pardon: Orounla parle des cas Ajavon et Koutché

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Qui de Sébastien Ajavon et Komi Koutché dans l’appel au pardon  lancé par le président Patrice Talon la semaine dernière depuis l’intérieur du pays ? La question est revenue ce jeudi 19 novembre 2020, à la conférence de presse du ministre porte-parole du gouvernement, sur le bilan d’étape de la tournée nationale du chef de l’Etat.

alain orounla

L’appel de Talon. « Je suis venu ce matin demander pardon. Un enfant bien élevé ne sait que demander pardon quelles que soient les circonstances. Les évènements qui ont pu nous meurtrir par le passé doivent être oubliés (…) Moi j’ai pardonné, l’Etat a pardonné, la République a pardonné. C’est à vous de pardonner maintenant », avait confié Patrice Talon, le 12 novembre, à Savè et Tchaourou.

Ces deux communes du centre-nord du Bénin, considérées comme les bastions politiques de Boni Yayi, son prédécesseur et ennemi intime, ont été le théâtre de violences politiques lors des élections législatives d’avril 2019. A Parakou, le même 12 novembre, le ton du chef de l’Etat etait aussi à l’apaisement. Dans la cité de Kobourou, il a même mentionné sa disponibilité à se réconcilier avec son prédécesseur.

« Boni Yayi et moi étions comme petit frère et grand frère », a déclaré le président Patrice Talon à Parakou. Selon des propos rapportés par Deeman radio, le Chef de l’Etat « invite les sages et notables de Parakou à travailler à sa réconciliation avec son aîné Boni Yayi ».

Présumés coupables. Depuis ces déclarations, certains observateurs de la vie politique nationale s’interrogent sur les cas de Sébastien Ajavon et Komi Koutché, deux leaders politiques aussi dans un bras de fer avec le régime Talon. Condamnés par la justice béninoise, ils sont exilés, le premier en France et le second aux Etats-Unis.

L’appel à la paix lancé par le chef de l’Etat va-t-il les prendre en compte ? « Est-ce au nom de la paix, on doit soustraire des présumés coupables, des personnalités à qui l’ont reproche des délits de droits communs et qui décident de se soustraire à la justice de notre pays ? Est-ce qu’au nom de cette paix, on doit s’abstenir de poursuivre le voleur de cabri ? Non, il est poursuivi, il est jugé et condamné, il est déposé en prison. Est-ce qu’au nom de cette paix, on doit s’abstenir de poursuivre ceux qui sont accusés, tout au moins soupçonné, d’avoir pris des libertés avec les caisses de l’Etat ? », a répondu Alain Orounla, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, ce jeudi 19 novembre 2020 lors d’une conférence de presse sur le bilan d’étape de la tournée nationale du chef de l’Etat.  

ajavon et komi koutche

« La paix (dont il s’agit, ndlr) c’est de pacifier les tensions qui résultent d’affrontements politiques, des incompréhensions qu’il a pu avoir à l’occasion et dans le cadre de la mise en œuvre des réformes politiques ; la réforme de notre système partisan, perçue par certains acteurs comme des motifs d’exclusion alors qu’il s’agissait de réforme pour que notre démocratie ait un sens », a-t-il précisé.

Selon le ministre Orounla, si Ajavon et Koutché rentrent dans cette dynamique, le président Patrice Talon pourrait jouer sa partition, afin que le Bénin soit « totalement pacifié » et « de tout point de vue ».

Priorité. Alain Orounla souligne que Patrice Talon est prioritairement dans une dynamique de « paix » et de « réconciliation » avec ses prédécesseurs dont Boni Yayi.

« Nous avons engagé des réformes politiques qui n’ont pas été comprises par certains partisans de notre ancien président (Boni Yayi). Et la mise en œuvre de ces réformes a entrainé des heurts, des bagarres, une confrontation entre l’ancien et le nouveau (Patrice Talon) », rappelle Alain Orounla, faisant sans doute allusion à l’absence de l’opposition, menée par les ex-présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, aux législatives d’avril 2019.

 «Le président Patrice Talon a été l’objet d’invective, de sarcasme de la part de ses prédécesseurs. Lesquels, s’ils ne sont pas en train de se donner en spectacle au marché Dantokpa, sont dans les journaux à le critiquer de manière outrancière.Il n’a jamais réagi autrement qu’en leur tendant la main. Parce qu’en tant que président en exercice, garant de la paix et de l’unité nationale, il se met à la hauteur de ses devoirs qui est de recourir à la paix en ces circonstances », a insisté le porte-parole du gouvernement.  

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