SECURITE HUMAINE 1 Commentaire

Bénin-Grève générale : à couteaux tirés, le méli-mélo s’installe

Olivier Ribouis
publié le Jan 16, 2018

A compter de ce mardi 16 janvier commence au Bénin, le débrayage général des travailleurs du public en  protestation au vote par les députés, d’une loi de retrait du droit de grève aux personnels de la justice, de la santé, des forces de défense et de sécurité. Ce grand mouvement de cessation de travail prend effet sur fond de tension, de division et de préjudices aux populations.

marche-protestation-benin Protestation à Cotonou

Grand bazar au Bénin. A couteaux tirés,  les travailleurs béninois et le gouvernement associé aux députés plongent le pays dans une situation de désordre généralisé dès ce mardi 16 janvier 2018. C’est ce jour que commence en effet, la grève générale des travailleurs du public en  protestation au vote par les députés, d’une loi de retrait du droit de grève aux personnels de la justice, de la santé, des forces de défense et de sécurité. C’est dire que dans les services publics, les Béninois n’auront pas de répondant pour la satisfaction de leurs besoins, étant donné que  le principe du service minimum en cas de débrayage est généralement foulé au pied. Cette grève dont le top a été donné il y a une semaine par l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB) va donc se généraliser pour semer le dysfonctionnement dans plusieurs secteurs. Déjà, la santé est entrée dans la danse lundi 15 janvier avec une grève illimitée, délaissant les patients sur les lits  d’hôpitaux. A leur  suite, à l’appel du Front d’action des syndicats de l’éducation, l’Intersyndicale des enseignants des universités nationales du Bénin, ainsi que les six principales centrales et  confédérations syndicales du pays à savoir  la CSA-Bénin, CGTB, COSI-Bénin, UNSTB, CSUB et CSPIB), l’Education maternelle, primaire et secondaire, l’Enseignement supérieur et l’Administration centrale de l’Etat connaissent une cessation de travail. Ceux-ci lancent leur grève pour 72 heures en signe d’avertissement.

La confusion

Au regard tous les secteurs touchés par cette grève générale, tout devrait s’arrêter au Bénin. Mais, au désordre du dysfonctionnement s’ajoute la confusion entre les acteurs syndicaux. Ils ne parlent plus d’une même voix.  Les travailleurs des ministères du Bénin  se désolidarisent du mouvement de débrayage général ordonné par les centrales et confédérations syndicales. Pour cause, a expliqué lundi soir, le collectif des organisations syndicales des ministères,  cette paralysie annoncée a des relents politiques. Ils dénoncent une « tentative d’exploitation des problèmes spécifiques des travailleurs des ministères sectoriels à des fins politiques inavouées » par les centrales et confédérations.  Une désolidarisation synonyme de traitrise selon les grévistes qui soupçonnent à leur tour le collectif  des organisations syndicales des ministères d’être à la solde du gouvernement pour fragiliser le mouvement d’ensemble.

Face à cet imbroglio qui s’est installé, la Cour constitutionnelle est très attendue. Il devrait se prononcer sur la constitutionnalité de la loi votée par le parlement. Adrien Houngbédji, le président de l’Assemblée nationale ainsi que Joseph Djogbénou, le Garde des Sceaux et porte-parole du gouvernement ont d’ailleurs déclaré qu’ils attendent cette décision de la Cour à laquelle ils sont disposés à se plier. L’un  et l’autre justifient ce retrait du droit de grève par un abus constaté auprès des travailleurs au grand dam des citoyens. Mais, plusieurs acteurs de la société civile ayant réagi, ont estimé qu’il ne fallait pas en arriver à ce retrait du droit grève. Ils préconisent un encadrement rigoureux de l’exercice de ce droit reconnu aux travailleurs par la loi fondamentale du Bénin.

 


  • Codjo Mhn
    il y a 2 ans

    Moi je n'y trouve point d'inconvénients car une chose est de travailler et l'autre est d'être satisfaire par le fruit de son travail mais depuis quelques années divers corps ou secteurs de travail subissent des brimades s'il faille qu'ils revendique ainsi pour être satisfaire feu vert. Car nous ne comprenons plus ces lois et ils se lèvent du jour au lendemain pour voter des lois comme cela les enchante à bas cette méthode ou violation. S'il tolère cette loi vous verrai ce que deviendra le pays ah non non et non nous sommes dans un pays démocratique.