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Bénin-syndicalisme: Attigbé reproche l’abus du droit de grève à ses ex-camarades

Olivier Ribouis
publié le 12 février 2018

Invité de l’émission dominicale Zone Franche sur la télévision Canal3-Bénin, l’ex-responsable syndical et actuel président du Conseil national du le dialogue social CNDS, Guillaume Attigbé est revenu sur l’usage du droit de grève après la rencontre des syndicats et le président Patrice Talon. Selon lui, il y a un abus de la liberté syndicale dans le pays.

benin greve

Un vieillard assis voit plus loin qu’un  jeune  debout.  De sa position d’ancien Secrétaire général,  Guillaume Attigbé le président du Conseil national pour le dialogue social (CNDS) a porté un regard sur l’exercice du droit de grève au Bénin. Invité  sur la question  ce dimanche 11 février 2018 sur l’émission "Zone franche" sur Canal3-Bénin, il a apprécié comment l’arme de la grève est utilisé aujourd’hui  par les syndicalistes.   Selon lui, « l’encadrement ou le re-encadrement de la loi 2001 – sur le droit de grève- s’impose ». Pour cause, il constate un abus de l’usage de cette arme. 

«La liberté syndicale est au bénéfice des travailleurs et des plus démunis. On l’a utilisée mais  on n’en a pas abusé. C’est aujourd’hui qu’on constate un abus» a-t-il fait savoir.

Il relève que « le droit de grève, c’est un droit  à cheval sur les autres droits » et signale que « si on se sait faire, son usage abusif nuit aux autres droits ». A son regard, « c’est ce qui se fait au Bénin ». L’ex-meneur de mouvement syndical en veut pour preuve la violation du principe du service minimum lors des grèves dans le secteur de la santé.   Ce qui pour lui est inconcevable. «Le droit à la vie  est un droit fondamental» a-t-il insisté.

Pas d’accord pour le retrait du droit de grève

En dépit de l’abus noté, Guillaume Attigbé n’est pas favorable au retrait du droit de grève aux organisations syndicales.  « Je ne suis pas d’accord, je ne peux pas scier l’arbre sur lequel je suis assis » a protesté le vieux syndicaliste en position de médiateur dans le CNDS qui regroupe 10 représentants du gouvernement venus des ministères clés, 10 représentants de toutes les centrales syndicales et 10 représentants des employeurs en plus de lui-même, le 31ème membre.

D’accord avec la décision de la Cour constitutionnelle ayant cassé la loi du retrait de droit grève, il appelle les différentes parties à s’inspirer de ce qui se fait dans les pays de la sous-région. 

A propos de la dernière rencontre  entre les responsables syndicaux et le Président Patrice Talon à laquelle il a pris part, Guillaume Attigbé  pensent les organisations de défense des travailleur ont gagné sur le volet de la participation aux prises de décision au niveau du gouvernement. Pour lui, c’est un acquis important avec lequel on ne saurait dire que  les syndicalistes ont capitulé face au Chef  de l’Etat béninois.

 


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