SECURITE HUMAINE 2 Commentaires

Phénomène de «GayMan» au Bénin: la solution qui s’impose!

Christian Abouta
publié le 12 avril 2018

Dans cette tribune, Christian Abouta, Sociologue-Evaluateur, contributeur de Banouto, parle de la nécessité de recourir à l’éducation comme ultime solution contre la cybercriminalité. Qui, au Bénin, prend des proportions dangereuses à travers le phénomène des «GayMan.»

benin cyber criminaliteL'éducation comme solution à la Cybercriminalité

L’opération « Rambo » et la lutte contre la cybercriminalité au Bénin

Peut-on pour cause de chômage s’adonner à toutes sortes d’activités ? C’est une question qui revient sur toutes les lèvres au regard des scènes macabres d’enfants ou d’adultes mutilés sur l’autel du gain facile. Depuis le lancement de l’opération « Rambo » la société ou une partie d’elle, découvre un genre nouveau de criminels. Ce sont les Gay-man pour ne pas les citer.

Souvent jeune ou jeune adulte, ils sont âgés entre 16 et 35 ans. S’identifient par le type de moto qu’ils conduisent « Dream », « Dayang » avec un style vestimentaire bien particulier pantalon jean qui descend sur les fesses, chemise cintrée communément appelée « djangou », la coupe de cheveux dite «yorobo » et un goût pour la belle vie et la jolie copine à côté. Toutefois, la perception peu valorisante de cette activité les contraint à une certaine discrétion. De plus, les offres de connexion et la possibilité d’utiliser son smart phone comme un point d’accès wifi et autres modems portatifs ont facilité une domestication du phénomène. Ainsi, des cybercafés, ils se dotent de connexion privée, ce qui leur permet d’opérer depuis des domiciles afin d’éviter tout soupçon. Si les stratégies de dissimulation sont spécifiques à chaque Gay-man ou aux réseaux de gay-men, ces jeunes ont un point commun. Ils ont tous une excellente maîtrise de l’outil informatique et c’est cette appropriation qui leur permet les usages ingénieux et en toute sécurité.

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Mais au-delà, ce phénomène vient se greffer à d’autres pratiques comme la corruption, le détournement qui sont le reflet du rapport de notre société à l’argent. Le consumérisme aidant, l’argent est devenue la valeur des valeurs. La valeur pour laquelle on est prêt à tout sacrifier. Il n’est plus indiqué de faire le décompte macabre du nombre de personnes retrouvées mortes, portant des entailles qui montrent que le sang de la victime a été recueilli à des fins sacrificielles. Les pouvoirs publics devraient réagir. Ils l’ont fait et de façon vigoureuse. Toutefois, cette répression permet-elle d’enrailler le phénomène particulier de la cybercriminalité ? Oui à l’opération « Rambo » malgré les traitements à la limite du non-respect de la présomption d’innocence. Et doublement oui à une prise de conscience de la déliquescence des deux principaux cadres de l’éducation que constituent la famille et l’école.

Revitaliser la famille et l’école: solution ultime

En effet, la seule vraie solution reste l’éducation. L’EDUCATION vient du latin ex-ducere, guider, conduire hors, guider, commander, c’est donc l'action de développer un ensemble de connaissances et de valeurs morales, physiques, intellectuelles, scientifiques... considérées comme essentielles pour la vie en communauté, le développement de la personnalité et à l'intégration sociale de l'individu. Les cadres par excellence de l’éducation restent la famille et l'école.

La famille est le premier cadre et le plus important lieu d’éducation de l’enfant. C’est dans ce cadre que la personnalité et les valeurs de l’enfant se structurent et se mettent en place. On peut même dire « dit moi qui sont tes parents et je dirai quelles sont tes valeurs ». Car, le cadre familiale est l’alpha et l’oméga de l’éducation. A côté de la famille, il y a l’école qui prend le relai. Si l’école n’enseigne pas les mêmes valeurs aux enfants, elle reste et demeure le lieu d’acquisition des aptitudes professionnelles. A l’école nous apprenons les connaissances et valeurs liées à chaque métier. La famille nous donne les attitudes et l’école les aptitudes. Ce sont là deux cadres qui se relaient dans la prise en charge de l’éducation des enfants.

Pour sortir de ce piège qui nuit à l’image du pays, au regard les informations qui nous viennent de Lomé refuge de quelques Gay-man, et surtout des appels à la vigilance pour toutes transactions virtuelles avec des opérateurs béninois, il nous faut une autre opération « Rambo ». Il est indispensable de revitaliser les cadres traditionnels d’éducation des enfants.

Toutefois, les contraintes professionnelles, la cherté de la vie et les dynamiques socio-culturelles ont progressivement remis en cause la division sexuelle du travail. Désormais, les femmes ont aussi investi la sphère professionnelle au même titre que les hommes. Le rôle de reproduction cher à la femme et à la société est donc confié pendant un temps à des auxiliaires de maison et à l’école. Mais, depuis plusieurs années le Benin n’a plus connu une année scolaire sans mouvement de grève. Depuis les années deux mille, les enfants pendant des jours ne sont ni sous la surveillance des parents, ni celle des auxiliaires de maison encore moins des instituteurs et des professeurs. Plus encore, les parents consacrent de moins en moins de temps à l’éducation des enfants. Les contacts physiques se limitent à quelques minutes car les enfants sont déjà endormis et sont entretenus via le téléphone. Ce relâchement des liens doublés des mouvements de grève à répétition a laissé du temps aux enfants pour faire en toute quiétude leur «biz» (business) pour parler comme certains parmi eux.

Les défis : une autre « Opération Rambo » s’impose

Pour sortir de ce piège qui nuit à l’image du pays, au regard les informations qui nous viennent de Lomé refuge de quelques Gay-man, et surtout des appels à la vigilance pour toutes transactions virtuelles avec des opérateurs béninois, il nous faut une autre opération « Rambo ». Il est indispensable de revitaliser les cadres traditionnels d’éducation des enfants.Tant que les familles ne se réorganiseront autrement pour la prise en charge de l’éducation des leurs enfants, les comportements déviants ne cesseront. Tant que les familles ne consacreront pas plus de temps pour leurs enfants, les comportements défiants se multiplieront. Tant que l’éducation ne sera pas du ressort de toute la société, les enfants ne cesseront de fréquenter sans peur les cybercafés. Tant que l’école ne se recentrera pas dans ce qui fait son essence : c’est-à-dire lieu d’éducation, les Gay-man se régneront. Tant que les grèves ne cesseront, les enfants feront leur classe dans les cybercafés. Tant que les éducateurs penseront que la seule arme de négociation est de mettre la vie de leurs élèves en danger, l’attrait pour le gain facile prospectera. 

Par Christian Abouta, Sociologue-Evaluateur


  • Xyz
    il y a 8 mois

    C'est bien beau ce récit mais vous ne trouvez pas que vous en faites un peu trop en indexant seulement les "gay_man" comme vous les appelés. Ils ont une part de responsabilité vu les événements qui ce sont déroulés ses derniers mois. Mais on s'est tous qu'ils ne sont pas les seules à s'adonner a cette pratique. Les hommes politiques et les ''Aladjis'' font aussi partie de ce lot . on sait combien de fois la conccurence est rude dans l'administration béninoise et on sait quel méthode les uns et les autres usent pour monter en grade, avoir des promotions et autres. Si l'on devait se porter sur tous ces détails on ira même a perquisitionné le domicile des hauts cadres et des hommes politique. Je ne soutien pas ce phénomène de cybercriminalité mais je trouve qu'il faut lutter contre ce phénomène d'une manière beaucoup plus civilisé. Si en moins d'un mois le bénin est presque sur toute les liste rouge c'est parce que le gouvernement a voulu rendre cela publique au yeux de tous. Ce phénomène etait dans un passé récent très développer en cote d'Ivoire.. Mais leur gouvernement a eux a canaliser et a faire de ce fléau un problème national ce qui a faire qu'ils ont essayer de gérer ce phénomène dans le pays. Le linge sale se lave en famille, ça ne sert a rien de vilipender cette jeunesse de droite a gauche.. Soyons objectif stricte tout en respectant le droit de tous un chacun. Parce qu'au jour d'aujourd'hui un jeune qui s'habille super bien est déjà considéré comme un gay man. Ne déplaçons pas cette lutte.

  • Anonyma
    il y a 1 mois

    Je suis désolé mais ce les gay-man qui pratiquent des crimes ritutuelles, Nos feticheur, nos Alladji et autre en font aussi partie. Parmi les forces de l'ordre qui font partis du soit disant "Opération Rambo" 95% d'entre eux sont corrumpue ,sans oublier aussi nos hommes politiques.