SECURITE HUMAINE 0 Commentaire

Scandale du siège du parlement : liste des entreprises aux contrats à résilier

Olivier Ribouis
publié le 16 mai 2018

Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 16 mai 2018, le gouvernement a publié la liste de toutes les entreprises  mises en causes dans le scandale de la construction du nouveau siège du parlement béninois à Porto-Novo.  

chantier-benin-btp-construction Un chantier de construction de l'Etat béninois

Plus de 22 milliards F CFA dilapidés dans la construction d’un bâtiment qui ne pourra plus servir de siège aux députés béninois. Destiné à être rasé en bonne partie, le bâtiment n’a pas été construit dans les normes requises selon des experts commis à l’audit du chantier. En conseil des ministres de ce mercredi 16 mai 2018, le gouvernement a fait un point de la situation et a décidé de résilier les contrats de plusieurs entreprises.

Extrait de compte-rendu du conseil des ministres

Compte rendu de l'audit technique, financier et juridique du chantier de construction du siège de l'Assemblée nationale à Porto-Novo.

L'audit complet de ce chantier qui a été diligenté par le Gouvernement révèle que dans l'hypothèse d'un achèvement des travaux, il resterait à mobiliser vingt-deux milliards cinq cent un millions sept cent neuf mille cinq centre quatre-vingt-huit (22.501.709.588) FCFA. Cependant, le cabinet d'audit est très réservé sur cette option qui ne garantirait pas la durabilité de l'ouvrage, érigé sur un sol marécageux, avec des défaillances techniques graves.

A l'étape actuelle, le montant total décaissé par le Gouvernement au Maître d'ouvrage délégué (SERHAU SA), pour la réalisation de ce chantier important, est de vingt-deux milliards six cent soixante-quatre millions dixneuf mille neuf cent soixante-seize (22.664.019.976) FCFA, soit 50,2% du coût d'objectif, pour un taux d'exécution physique global d'environ 45,71%.

En raison de la gravité des constats révélés par le rapport d'audit, le Gouvernement a fait une communication devant l'Assemblée nationale. A cette occasion, il a noté la convergence de l'opinion et des appréhensions du Parlement avec les siennes.

Le Conseil a donc pris acte de la volonté de la majorité des députés de voir arrêter les travaux en vue de construire un nouvel édifice sur un autre site, et d'engager la responsabilité de toutes les personnes impliquées.

La liste des sociétés dont les contrats sont à résilier se présente comme suit :

Gros œuvre

BENIN BATISSES TP

RCB

GAMEF

 BETAFRIC

JUBIT

Menuiserie bois

COMOVEP

Menuiserie alu

ECOMA

Menuiserie métallique et ferronnerie

CIA

Electricité courant fort groupe électrogène ascenseur

SEIB

Courant faible

SEIB

Revêtement, peinture, étanchéité

EBS

CNC

ECMA

DYJESK

 ABD

ERUDIT

HBP

Climatisation, ventilation

SEIB

Plomberie sanitaire

SOGEI

Aménagement intérieur

MAYARICK

Construction de voie ceinturant le site

LOGIC

Eclairage du chantier

ADJAF SERVICES

Bureau de chantier

ARCHICAD

Maître d'œuvre

GROUPEMENT TROPHEE

Contrôle d'ingénierie

GROUPEMENT ACL-GEO CONSULTING

Bureau de contrôle technique

SOCOTEC

Laboratoire

CNERTP

Il convient de souligner qu'au plan juridique, le rapport d'audit suggère qu'« en ce qui concerne le contentieux judiciaire en cours, il aurait été indiqué pour le Maître d'Ouvrage d'établir la responsabilité du Maître d'Ouvrage délégué, la SEHRAU son mandataire, du Groupement TROPHEE voire des bureaux d'études et de contrôle pour ensuite exercer ses recours en garantie à leur encontre. »

Le même rapport d'audit indique que : « Initier une procédure tendant à obtenir la garantie du Maître d'Ouvrage délégué SEHRAU, du Maître d'œuvre TROPHEE, des bureaux techniques et de contrôle s'il y a lieu, pourrait permettre de réduire tant soit peu le coût du préjudice pour l'Etat. »

Enfin, le rapport fait observer que : « s'agissant des voies judiciaires contentieuses, le résultat reste aléatoire. Par conséquent, faire le choix de la résolution amiable des conflits nés et à naître de l'exécution des marchés des travaux du chantier apparaît comme étant la solution la moins risquée au regard de l'ensemble des manquements constatés et imputables tant au Maître d'Ouvrage, à son mandataire SEHRAU qu'aux corps techniques et de contrôle. »

Ces conclusions traduisent que, dans ce dossier, l'Etat n'a pas toujours su prendre ses responsabilités par le passé, et justifient la décision du Conseil de faire procéder notamment à la résiliation du mémorandum d'entente et de la convention de maîtrise d'ouvrage déléguée liant l'Etat béninois à la société SEHRAU SA.

Après une analyse de l'ensemble de ce dossier, le Conseil a instruit les Ministres concernés à l'effet de :

Renforcer la surveillance du chantier

Situer les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet et engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des malversations constatées ;

Procéder à la résiliation amiable ou par voie judiciaire des contrats relatifs aux travaux de construction du siège de l'Assemblée nationale ;

Procéder au recouvrement des sommes dues et à la réparation des dommages causés à l'Etat par le maître d'ouvrage délégué et les autres entreprises prestataires sur le chantier.


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci