SECURITE HUMAINE 1 Commentaire

Bénin: radiation illégale à l'Etat-major de l'armée

Yao Hervé Kingbêwé
publié le 25 mai 2018

Saisie d’une requête par laquelle Bentiwa Florentine Johnson forme un recours contre une décision de l’Etat-major de l’armée la renvoyant des Forcées armées béninoises, la cour constitutionnelle a tranché. Dans une décision dont Banouto a copie, elle a jugé contraire à la constitution la décision de radiation de la jeune dame.

gendarmes-beninois Des gendarmes béninois lors d'un défilé militaire (image d'illustration)

L’ex-maréchale des logis Bentiwa Florentine Johnson devrait être réintégrée, si ce n’est déjà le cas, dans les Forces armées béninoises. Saisie d’une requête par laquelle la jeune gendarme a formé un recours pour violation de son droit à la défense, la Cour constitutionnelle a déclaré contraire à la constitution du 11 décembre 1990, la décision n° 12-2-180/EMG/DOPA/BCR/SA du 07 juin 2011 du chef d’Etat-Major de l’armée de terre des Forces armées béninoises (FAB) portant radiation d’un sous-officier.

Alors que venait d’être promue au grade de maréchal des logis, Bentiwa Florentine Johnson a reçu notification de la décision de sa radiation des Forces armées béninoises. La hiérarchie militaire lui reproche une absence « illégale de plus de trente (30) jours ».

L’ex-gendarme s’était absentée du service sur une période allant du 24 février au 25 juillet 2011 sans aucun titre de permission. Cette absence de cinq mois sans autorisation, Mme Johnson, mère de trois enfants,  la justifie par des problèmes sanitaires consécutifs à son abandon par son mari. « Très tôt, ma situation matrimoniale a fini par me sombrer dans une dépression mentale qui m'aurait conduite chez un guérisseur traditionnel, selon les explications qui m'ont été données plus tard par ma grande sœur », a expliqué dans sa requête à la Cour l’ex-maréchale des logis.

Selon Bentiwa Florentine Johnson, à sa reprise de service le 25 juillet 2011, elle a expliqué à sa hiérarchie les raisons de son absence et a présenté des rapports médicaux les attestant. Mais, « contre toute attente, pendant que ma situation sanitaire s'améliorait, j'ai reçu notification de la décision n°12-2-180/EMG /DOPA/BCR/SA/ du 7 juin 2012 portant ma radiation de l’effectif des Forces armées béninoises », a-t-elle confié à la Cour indiquant que ce coup dur l’a replongée dans un état plus dégradé que précédemment  et ce n'est que maintenant qu’elle commence à retrouver sa santé.

Violation du droit à la défense

La décision de radiation de l’ex-gendarme a été prise par la hiérarchie militaire sans que celle-ci ne donne la chance à l’ex-élément des Forces armées béninoise de se défendre. Dans sa décision Dcc 18-087 du 05 avril 2018, la Cour constitutionnelle, après analyse du recours, a accédé à la requête de Mme Johnson qui demande à la haute juridiction de déclarer contraire aux articles 7 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et 17 alinéa 1er  de la Constitution, sa révocation de l’effectif des Forces armées béninoises (FAB). Les sages ont basé leur décision sur le fait que la jeune mère de famille n’ait pu exercer son droit à la défense conformément à l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples qui stipule que : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend … c/ le droit à la défense y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix ».


  • Adounsa Modeste
    il y a 1 an

    La Cour est dans son rôle.Cela a profité à la dame radiée des armées et en voie d les réintégrer. Il revient à la hiérarchie militaire d focaliser singulièrement l'attention sur celle-là alors recemment victime d dépression mentale car le métier des armes est l'1des+redoutables qui soient nécessitant pour leur manipulation la santé d corps et d'esprit.Il urge alors d'isoler celle-là des emplois à usage d'armes pr les services d bureau.Merci.