SECURITE HUMAINE 0 Commentaire

Crime contre l’humanité : la France assignée devant la CPI

Olivier Ribouis
publié le 10 octobre 2018

A la Cour pénale internationale (CPI), une plainte a été déposée contre la France accusée de " crime contre l’humanité" pour plus de 190 essais nucléaires en Polynésie.

emmanuel-macron Le président français, Emmanuel Macron

L’Etat français appelé à répondre de faits de crime contre l’humanité. Depuis le 02 octobre, est enregistrée à la Cour pénale internationale  (CPI), une plainte contre la France pour crime contre l’humanité à cause de ces nombreux essais nucléaires en Polynésie.

Les faits remontent à la période 1966-1996.  193 essais nucléaires français  ont été effectués dans les atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie française. D'abord dans l'atmosphère puis en sous-sol, ces essais nucléaires ont eu des effets sur la santé des populations et l'environnement et en 2010, un dispositif jugé discriminatoire a institué l'indemnisation des victimes de maladies radio-induites.

Auteurs de la plainte les indépendantistes de Polynésie française veulent voir tous les Présidents français vivants répondre devant la CPI. « C’est avec le sens du devoir et détermination que nous avons intenté le 2 octobre un procès devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Ce procès a pour but de traduire devant la justice tous les présidents français en vie depuis le début des essais nucléaires dans notre pays », a déclaré Oscar Temaru, dirigeant polynésien pour qui il est temps de rendre justice aux victimes de ce qu’il appelle « le colonialisme nucléaire ».

Une chose est d’avoir porté plainte, autre chose est d’avoir gain de cause et Oscar Temaru le sait bien. « Nous savons qu'il s'agit d’un autre combat de David contre Goliath. », a indiqué le dirigeant indépendantiste mardi mardi 9 octobre devant la quatrième commission de l’Organisation des Nations unies.

La compétence de la CPI à connaître de ce dossier est également limitée selon les analystes. La plainte n’a pas été portée par un Etat ou le Conseil de sécurité de l’ONU.  Dans ce cas selon le statut de Rome  « Le procureur de la Cour peut ouvrir une enquête lorsqu’un ou plusieurs crimes ont été commis, sur la base d’informations émanant d’une source quelconque, y compris de la victime ou de ses proches, mais seulement dans le cas où la Cour est compétente pour juger le crime commis et son auteur. ». Or cette disposition ne concerne que les crimes graves et répétés, commis après le 1er juillet 2002 touchant à la communauté internationale.


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci