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Conseil national de l’éducation: l’arme de Talon contre les tares de l’école béninoise

Léonce Gamai
publié le 8 novembre 2018

Promesse du candidat Patrice Talon, réitérée par le Président de la république dans son programme d’action de gouvernement (Pag), la réforme du Conseil national de l’éducation entre dans sa dernière ligne droite. L’application effective de toutes les attributions du CNE nouvelle génération devrait impacter positivement la gouvernance et les performances de l’éducation au Bénin.

patrice talon benin education Le Président Patrice Talon

 

La réforme du Conseil national de l’éducation (Cne), si effective, restera l’une des marques du gouvernement Talon sur le système éducatif béninois. D’ailleurs, le locataire du Palais de la Marina depuis le 06 avril 2016 est convaincu que la réforme du CNE est la voie royale pour redonner à l’éducation de (l’ancien) quartier latin d’Afrique, toute sa grandeur. Un système qui est marqué par de graves défaillances, avec en prime, la politisation de la gouvernance de l’école, la crise de l’apprentissage, les grèves perlées, les faibles résultats scolaires, entre autres. «J’aimerais juste préciser qu’avant la fin du mandat, précisément à partir de la rentrée scolaire 2017-2018, le Conseil national de l’éducation, nouvelle formule sera mis en œuvre », annonçait le Chef de l’Etat en décembre 2016, lors de la cérémonie de lancement officiel du Programme d’action du gouvernement (Pag), «Bénin Révélé».

«Nous allons enfin dépolitiser effectivement, l’administration du secteur de l’éducation. A partir de septembre-octobre 2017, à la mise en œuvre donc de cette réforme, mes trois ministres (de l’éducation) n’auront plus grande chose à faire. Ils auront à exécuter ce que décidera le Conseil national de l’éducation », ajoutait-il ce 16 décembre dans la salle du peuple du Palais présidentiel. Environ deux ans plus tard, et avec un retard de près d’un an, le CNE version Talon prend corps. Le Conseil des ministres a adopté, en sa séance du mercredi 29 août 2018, le décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil national de l’Education.

Une institution forte au service de l’éducation

L’adoption de ce décret est l’aboutissement d’un processus débuté de longs mois plus tôt avec la mise en place d’un Comité d'installation du CNE. «Le projet de textes soumis par le Comité d'installation du Conseil National de l'Education (CNE) a fait l'objet d'un séminaire gouvernemental au cours duquel les options stratégiques ont été validées. A l'occasion, des recommandations ont été faites pour le réajustement de certaines dispositions, notamment le profil des membres, le mandat, les modalités de désignation, les compétences thématiques et les incompatibilités », rappelle le compte rendu du Conseil des ministres.

Dans ses nouvelles attributions, le CNE a tout d’une super autorité chargée de l’éducation nationale.  Son champ organique de compétence s'étend à tout le système éducatif national, le public comme le privé  Il en est de même de son champ thématique de compétence qui prend en compte toutes les questions touchant au système éducatif national. Le CNE est, entre autres, chargé de se prononcer sur les projets de politiques, de lois, de stratégies, de règlements, ou de budgets concernant le système éducatif national, ou de les élaborer au besoin ; de donner un avis conforme aux projets de nomination aux postes de responsabilité et de mutations d'envergure du personnel du secteur  donner un avis conforme sur les projets d'homologation et de certification des établissements.

Ses prérogatives couvrent également l'accès à l'éducation pour tous et la gestion des flux et des ressources humaines ; les règles juridiques, normes techniques et standards applicables au système ;  l'organisation et le fonctionnement du service public de l'éducation ;  l'articulation entre la formation, la recherche, l'emploi et le développement,  les infrastructures ; le financement du secteur, puis  l'approche qualité et l'évaluation du système. «Tous les projets concernant l’éducation, les stratégies, les lois à voter au niveau du système éducatif seront d’abord soumis à ce conseil », précise Mahougnon Kakpo, ministre de l’enseignement secondaire, cité par Bénin Web Tv.  «Si le Conseil ne donne pas son avis conforme, vous ne publiez pas la liste des mutations ni des nominations. Lorsque vous voulez faire un projet qui est  du ressort de l’éducation et que le Cne ne donne pas son avis conforme, vous ne pouvez pas exécuter ce projet», explique-t-il.

Inclusif

En plus du renforcement de ses prérogatives, le CNE nouvelle génération devrait aussi et surtout tirer sa légitimité de sa composition ; l’origine et le profil de ses membres. Cet organe d’orientation, de coordination, de suivi, d’évaluation et de prise de décision pour le système éducatif béninois sera désormais composé de 29 membres. Désignés pour un mandat de quatre (04) ans, renouvelable une fois et majoritairement des professionnels de l’éducation, ils proviennent de structures et instances du système éducatif national. Ils sont pour certains désigner par le Chef de l’Etat, d’autres par les ministres des sous-secteurs de l’éducation, puis les autres par leurs pairs.

«En s’attardant sur le profil et la diversité des membres, on s’aperçoit que le gouvernement entend prendre en compte tous les secteurs possibles d’éducation, et permettre que les membres du CNE soient les plus représentatifs possibles», commente une source officielle. Qui précise que le pouvoir Talon «laisse le choix aux entités de se choisir leurs représentants au sein de l’organisme. Cela est un gage de performance en même temps que de souci d’extraire le CNE des contingences politiques ou politiciennes.» Le pas légal franchi et le décor campé, les regards sont désormais tournés vers la désignation et l’installation du CNE nouvelle génération pour la renaissance de l’éducation béninoise.


  • Dédé
    il y a 10 jours

    Nous souhaiterions vivement que les réformes dans ce secteur soient mises en ouvre pour le de chacun et de tous. Ce secteur a été trop marginalisé et politisé. Les bras acteurs ( les enseignants ) sont méprisés. Leurs valeurs sont bafouées. Certains travaillent sans le minimum , d'autres sont restés sur le même salaire depuis plus de 10 ans. Revalorisation de la fonction enseignante doit être la priorité des priorités. Bien à vous.