SECURITE HUMAINE 1 Commentaire

Bénin : Marielle Dégboé, le militantisme social au féminin

Falilatou Titi
publié le 20 novembre 2018

Partie pour assurer la relève du cabinet comptable de son père, Marielle Dégboé brise ce rêve paternel pour le militantisme associatif. Une passion qui a pris le dessus sur tout.

marielle-degboe Marielle Degboe, présidente du ROAJELF

Taille moyenne : environ 1,65 mètre. Teint clair. Des locks nappy sur la tête. Derrière cette corpulence d’athlète et ce style naturel : Marielle Mahulé Dégboé. Trente-quatre ans, la jeune femme est une militante sociale. Sa forme svelte cache mal sa détermination et son endurance.

Les témoignages à son sujet sont éloquents. « Une héroïne discrète et efficace. Son engagement citoyen est viscéral. Elle l’a chevillé au corps depuis le berceau. Elle en prendra de la graine au fil des ans », écrit l’écrivain béninois, Florent Couao-Zotti, dans la préface de El-Ya une mission entamée, une autobiographie de Marielle Dégboé, parue aux ''Editions plurielles'' en 2017. Mais cette fibre militante sommeillait en elle et il aura fallu un détonateur pour la réveiller.

Tout a commencé à Lusaka en Zambie. C’était en 2005, lors d’une rencontre avec d’autres adolescents africains. Alors qu’elle était animatrice à la radio Ado Fm depuis 2004, Marielle Mahulé Dégboé a travaillé pour mettre sur pied, en 2006 le réseau béninois des adolescents et jeunes en population et développement. Un réseau qu’elle coordonne pendant une année, avant de passer le témoin en avril 2008.

A la découverte de sa passion pour le militantisme associatif, la jeune étudiante en comptabilité et gestion d’alors renonce à l’animation. « Ce n’était pas tellement compatible, une étudiante en comptabilité faire de la radio, rajouter maintenant au militantisme, cela semblait un peu trop », explique Marielle Dégboé. A quelque chose, malheur est bon dit-on. Le début de sa carrière de militante en 2006 coïncide avec la fermeture provisoire de la radio Ado Fm.

Deux ans après ses débuts en militantisme, Marielle crée avec certains amis, l’ONG Magnolia. Cette organisation dont elle est la directrice exécutive avait pour objectif principal de contribuer à une bonne santé sexuelle/reproductive des adolescents et jeunes. Magnolia voulait également booster les jeunes en général et les jeunes filles en particulier dans le domaine associatif et de la citoyenneté.

De la compta à Magnolia puis à Roajelf : un seul pas

En tant que Directrice exécutive de Magnolia, Marielle Dégboé participe en 2009 à Dakar au Sénégal à une rencontre avec d’autres femmes militantes de l’Afrique de l’Ouest. Au terme de cette rencontre de Dakar, le Réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders (Roajelf) voit le jour. De retour au Bénin, l’étudiante en Comptabilité et gestion reconvertie en militante sociale travaille et réussi à installer la coordination nationale du réseau en 2012.  

Une coordination qu’elle présidera jusqu’en 2018, année à laquelle elle se voit confier les rênes du réseau au niveau de la sous-région ouest-africaine. « Les gens se sont dit : '' mais voilà, ça va au Bénin, ça se fait entendre. Donc on peut lui confier le poste sous-régional afin qu’elle puisse donner le même engouement aux autres réseaux-pays », explique-t-elle au sujet de sa promotion à la tête de la coordination régionale de l’organisation...

Accès réservé aux abonnés
S'abonner Se connecter

  • DINGBOE M. Sylvanus W.
    il y a 24 jours

    Toute mon admiration pour son leadership... Quand je sais combien c'est stressant, épuisant...de travailler dans le monde associatif au vu de mes expériences ses 4dernières années... Au bout du rouleau, ce sur quoi fonde le courage la persévérance de continuer, c'est bien évidemment la volonté de servir, d'impacter positivement la vie des gens...