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Procès Icc-Services: le procureur Togbonon donne des sueurs froides au pasteur Alokpo

La rédaction
publié le 4 janvier 2019

Le procès du scandale des placements illégaux d'argent Icc-Services devant la CRIET reprend ce vendredi avoir été suspendu jeudi 3 janvier en fin de journée.

Nouvelle audience du procès Icc-Services devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Suspendu en fin de journée jeudi, le procès reprend ce vendredi 4 janvier 2018. 

Il est un peu moins de 9 heures 30 quand le président de la Cour, Cyriaque Dossa, a relancé les débats pour le onzième jour de procès. Comme la veille, c'est Grégoire Ahizimé, Coordonnateur de la cellule de surveillance des structures financières décentralisées qui est auditionné par la Cour. Les premières questions sont du président de la Cour. Le magistrat Cyriaque Dossa voudrait savoir si Grégoire Ahizimé a joué le rôle qui est le sien dans le traitement de l'affaire Icc-Services. 

Le Coordonnateur Ahizimé répond avoir fait non seulement son travail vis-à-vis de la nation, de la population en informant son ministre de tutelle à travers des fiches. Qui selon vous, n'a pas joué son rôle? "Comme je l'avais dit, si mes propositions avaient eu l'assentiment de l'autorité, on aurait pu éviter", estime Grégoire Ahizimé qui indique ne pas savoir pourquoi le ministre qui montrait une volonté d'agir lors de leurs rencontres, n'est pas passé à l'acte.

A qui incombe la responsabilité? "Si le PDG de Icc-Services m'avait écouté, parce que j'ai beaucoup parlé avec lui, et si l'autorité avait fait des injonctions, on n'en serait pas là. Je n'ai pas eu le soutien et l'accompagnement qu'il faut dans cet exercice", se défend-il. Comment appreciez-vous le refus du ministre d'apposer sa signature sur la plainte? "Je ne saurais le dire. C'est lui seul qui connaît les raisons. Peut-être aussi qu'il craignais ce que je suis en train de subir aujourd'hui. Parce que, je le répète, c'est une vengeance". 

Questionnement sur le silence des banques sur les activités de Tégbénou

Interrogé à la barre ce vendredi, Emile Tégbénou est revenu sur ses transactions financières. Le patron de la structure Icc-Services dire faire de grosses transactions dans de nombreuses banques de la place dont la BOA, Diamond Bank, la Société générale des Banques du Bénin (SGBB), Continental Bank. "Je déposais 20, 50, 100 millions ", a confié Emile Tégbénou. Dans quelles agences faisiez-vous ces opérations? "Les agences de Catchi (Porto-Novo Ndlr)", a répondu le promoteur de Icc-Services. 

Emile Tégbénou a-t-il été interpellé une fois par les responsables de ces banques sur ces transactions? "C'est la Société générale qui a envoyé des inspecteurs pour savoir pourquoi je retirais l'argent", a expliqué Tégbénou. N'ont-ils demandé la source de votre argent? "Ils m'ont demandé. Je leur ai parlé de SNAB, comme c'est au bureau de SNAB, ils sont venus", a expliqué le promoteur de Icc-Services.  Qu'en est-il des activités de Icc-Services? "Oui, je leur ai parlé de cela", a lancé Tégbénou. 

Aveux de Grégoire Ahizimé 

Grégoire Ahizimé, lors de son audition jeudi 3 janvier, a reconnu avoir gardé par devers lui une somme de cinq millions. Une somme de trois millions destinée au cabinet devant aidé à la constitution du dossier d'agrément de Icc-Services a transité par ses mains.

Ce vendredi,  le président de la Cour, Cyriaque Dossa, a demandé à Grégoire Ahizimé s'il sait que la détention d'argent provenant de source illicite est une infraction? "J'ai gardé 5 millions mais je ne savais pas que c'était une infraction", s'est défendu Grégoire Ahizimé. 

Louis Biaou, à la barre

Nouvelle personne à la barre de la CRIET au sujet de procès Icc-Services. Il s'agit de Louis Biaou, actuel Coordonnateur de la cellule de surveillance des structures financières décentralisées. A la barre, Louis Biaou explique que le travail qui avait été fait sous la supervision de Grégoire Ahizimé a été pénible, vu les moyens dont dispose la structure. Pour M. Biaou, l'une des faiblesses majeures qui ont engendré la crise ou qui n'a pas pu permettre de limiter les casses, c'est l'absence de synergie optimale entre les différentes structures. A l'en croire, la structure, en 18 mois, a fait au moins chaque mois, une fiche d'alerte sur le cas de la structure Icc-Services. 

Quel ministre faisait donc la sourde oreille? "Je ne saurais le dire", a déclaré Louis Biaou qui estime que la cellule a fait un "travail professionnel technique". Qui doit mettre les structures en synergie? Le Gouvernement, a-t-il répondu. Pourquoi le silence au cas particulier de Icc-Services? "Je dois dire que c'est M. Ahizimé qui rencontrait l'autorité". 

Le Gouvernement Yayi savait avant 2010

Le Gouvernement avait-il l'information avant l'éclatement la crise? Louis Biaou en est presque certain. "Je ne crois pas que c'est en 2010 qu'ils ont eu cette information. D'une manière ou d'une autre, ils le savaient. Parce qu'on voyait les activités à la télé". Mais pourquoi la fermeture n'est pas intervenue de suite? "Je ne sais pas. Nous autres, avions donné l'alerte. Maintenant, je ne sais pas ce qui s'est passé", a assuré Biaou. 

A la suite de la déposition de Louis Biaou. Les avocats interrogent les deux coordonnateurs. Me Alain Orounla est le premier a adressé des questions. L'avocat veut savoir si en dehors du ministre, des alertes ont-elles été données aux banques. "Nous ne nous adressons pas directement aux banques. C'est l'autorité monétaire qui le fait", a affirmé Ahizimé. 

"Vos relations officieuses pouvaient vous le permettre...", interroge la Cour. "Il y a une subdivision et les banques ne sont pas sous notre supervision. Toutefois, elles ont saisi le ministre des Finances", a déclaré Ahizimé. Vous êtes un gendarme donc vous n'aviez pas besoin d'un pouvoir pour dénoncer. Pourquoi n'avoir pas donné une alerte générale? "Nous n'avons pas été complaisant. En tant que coordonnateur, je ne peux pas faire un communiqué. Je ne pouvais qu'alerter", a justifié Grégoire Ahizimé. 

Qu'est-ce qui empêchait l'octoi d'un agrément pour une activité licite?, poursuit Me Orounla. "L'obtention d'un agrément suit un certain nombre de procédures. Les pièces à fournir, le fond du dossier. C'est seulement après avoir étudié tout ça qu'on peut dire que c'est bon. Mieux, dans le cadre de la loi 97, l'avis de la BCEAO est déterminante. Dans le cas de Icc-Services, on eu des allers-retours entre leur structure et la nôtre", a réagi Louis Biaou qui souligne que les informations nécessaires n'ont pas été fournies à temps par Icc-Services.

N'est-on pas en droit de dire que vous avez profité de cette occasion pour racketer Icc-Services? "Non. Ce n'était pas notre intention", jure Ahizimé.

11h: suspension de l'audience

Suite à une guéguerre entre les avocats Hervé Gbaguidi et Alain Orounla, le président de la Cour, Cyriaque Dossa, a décidé de suspendre l'audience. Après une vingtaine de minutes, l'audience reprend avec les excuses des deux avocats à la Cour.

Me Orounla reprend la parole et adresse des questions à Ahizimé et Biaou. "Je voudrais que M. Biaou et Ahizimé nous édifient sur les motivations qui expliquent leur inaction", entame Me Orounla. "Je voulais dire que je ne m'emportais ps du tout, a répondu d'entrée Ahizimé, avant de poursuivre: Nous nous sommes retrouvés entre deux feux. Mais nous ne pouvions donner un agrément alors que le dossier n'était pas bon. Maintenant, s'il y a inaction comme vous le dites, c'est peut-être le manque de synergie". 

Etant donné que l'accusé a dit qu'il vous a donné 220 millions. Est-ce que le laxisme ne vous a pas amené à escroquer les promoteurs de Icc-Services?, enchaine Me Affougnon Agathe Ago. "J'ai vu Tégbénou la première fois le 26 octobre 2009. Je continue de dire que ce qu'il dit n'est pas vrai et son patron le sait", a réagi Ahizimé. 

"Tégbénou dit que votre pasteur l'appelait constamment pour lui demander de l'argent...", relance la Cour. "Non, je n'ai pas parlé de ça avec le pasteur", se défend Ahizimé. Est-ce qu'en leur recommandant un cabinet, ce n'est pas pour contourner la loi?", poursuit la Cour. "Non", assure Grégoire Ahizimé. "Le cabinet vous appartient ?" Grégoire Ahizimé répond par la négative. 

Tégbénou acculé sur les "220 millions de caution"

Les dépositions de Tégbénou au sujet d'une somme de 220 millions qu'il aurait remis à Grégoire Ahizimé ont de nouveau refait surface à la CRIET. Contrairement à la veille, c'est Tégbénou qui est acculé de questions sur cette affaire. De nouveau à la barre, Emile Tégbénou maintient ses propos. Il assure avoir remis pareille somme à Ahizimé. Cette somme, apprend-il, est une "caution" que lui aurait demandé le Coordonnateur de la cellule de surveillance des structures décentralisées. 

Quand est-ce qu'il a remis cette somme? "En 2009, je ne me souviens pas de la date", a répondu Tégbénou. "Si c'était le cas, pourquoi n'avez-vous pas dit cela à la présidence?", interroge Me Hounyèmè. "Le président de la République a parlé avec le PDG et on ne m'a rien demandé", s'est défendu Emile Tégbénou. 

"Le président de la République était donc au courant de l'existence de la structure Icc-Services?", cherche à savoir la Cour. "Oui, répond Tégbénou". Le promoteur de la structure illégale de collecte d'épargne apprend qu'il avait informé le président de la République d'alors de ses activités en 2008. 

Vous confirmez les 220 millions? "Oui", dit avec assurance Tégbénou qui apprend même qu'une décharge lui avait été faite par Grégoire Ahizimé. Où est cette décharge? "J'ai bien dit dans mon bureau", a laissé entendre le promoteur de Icc-Services. Si c'est une caution, pourquoi est-ce à Catchi que l'argent aurait été remis à Ahizimé et non au bureau? "Je ne connaissais pas Ahizimé. C'est son pasteur qui m'appelait pour me mettre la pression", fait-il savoir. 

Après les interrogations de Hounyèmè à l'endroit de son client, Me Hervé Gbaguidi contre-attaque. Ses questions sont à l'endroit de Grégoire Ahizimé. "Quelle proposition votre structure a faite aux promoteurs de Icc-Services?", questionne-t-il. "Ils leur ont dit qu'ils sont dans l'illégalité et qu'ils devraient se régulariser", s'explique-t-il. 

Pourquoi avoir cité Icc-services dans sa plainte alructure alors que la structure avait entamé une démarche de formalisation? "J'ai cité Icc-Services parce qu'ils n'ont pas pas respecté les injonctions, notamment les informations statistiques qu'on demandait", a justifié Grégoire Ahizimé. Est-ce que c'est Icc-Services seule dans l'illégalité? "La plainte parle de toutes les structures", a répondu le Coordonnateur. "En répondant tout à l'heure, vous avez dit qu'il ne fallait pas arrêter l'activité de Icc-Services pour éviter une banqueroute...", relance l'avocat. 

"Nous avons demandé aux responsables de ne plus enregistrer de nouveaux contrats. Quand un contrat venait à terme, les responsables ne devaient pas renouveler de nouveaux contrats". 

Cette proposition ne réjoint-elle pas celle de la BCEAO? Grégoire Ahizimé répond à cette interrogation par l'affirmative. Vous avez déposé la plainte quand? "Le 27 janvier 2010", indique Grégoire Ahizimé. Si le dossier est sur votre table, pourquoi avoir mentionné leur nom dedans? "Dans mes fiches, j'ai toujours parlé des mesures dissuasives et répressives. Même jusqu'au 24 janvier 2010, ils m'ont encore renvoyé un dossier vide", assure Grégoire Ahizimé. 

"Pourquoi ne pas avoir dit qu'Icc-Services est en train de se faire régulariser...". "J'ai dit ici que les informations sont capitales", répond Grégoire Ahizimé qui regrette que les informations ne lui sont pas parvenues. 

12h50: suspension de l'audience

Comme c'est désormais le cas. Un peu avant 13 heures, le président a décidé de la suspension de l'audience pour permettre aux radios qui retransmettent le procès de faire le journal. 

14h32: reprise du procès

Après environ quatre-vingt-dix minutes de pause, le procès reprend à la CRIET. A la barre, au moment de la pause, Emile Tégbénou est celui qui est interrogé à la reprise. Me Hounyèmè interroge le patron de la structure Icc-Services. "Lorsque vous avez vu M. Ahizimé pour prendre la liste des pièces, est-ce qu'il y avait une quelconque caution?", demande l'avocat. "Je n'étais pas avec le PDG chez le Coordonnateur", déclaré Tégbénou qui poursuit en indiquant que "mais lorsque l'autorisation trainait, (Nicolas) Houmbème lui a dit qu'il reste des sous à payer. Et c'est là, j'ai demandé à mon DG qui m'a autorisé à le faire". Est-ce qu'il y a 220 millions à payer dans les pièces? "C'est Houmbèmè qui m'a dit qu'il y avait des sous qui restaient". Mais est-ce que le PDG à qui Ahizimé rendait compte a dit qu'il y a une caution à payer? "Non, il ne m'a rien dit", apprend Tégbénou. 

Grégoire Ahizimé: "Je suis livré à la population"

Emile Tégbénou, déposant à la barre, a déclaré avoir donné rencontré le président de la République à qui il a donné tous les détails sur l'organisation de la structure Icc-Services et ses taux mirobolants. Quel effet cela vous a fait quand on vous a appelé à la présidence de la République au sujet du dossier Icc-Services? "Cela a été un choc pour moi. Je savais et j'ai dit que tant que le dossier n'est pas bon, il ne peut pas aller à la BCEAO", apprend Ahizimé.

"Vous adressiez des fiches, il y a un silence. Tégbénou dit qu'il a tout expliqué au président de la République", demande la Cour. "J'ai dit si ce que Tégbénou a dit est vrai, parce que ce n'est pas que l'illégalité. L'opération elle-même n'est pas bonne. Et si malgré cela, le chef de l'Etat d'alors n'a pas trouvé d'anomalie, je me rends compte que je suis livré à la population et à tout le monde", a estimé Grégoire Ahizimé. 

Courant le mois de février 2010, Emile Tégbénou a effectué plusieurs déplacements à la présidence de la République. "Pourquoi cette pression sur le chef de l'Etat?", interroge la Cour. "Ce n'est pas une pression. Nous cherchions de l'aide. On voulait comprendre pourquoi ça tarde", s'est défendu Emile Tégbénou. 

Un prêt de 30 millions fait à un agent de la cellule de surveillance

Guy Akplogan, dans une déposition le 16 juillet 2010, a déclaré avoir fait un prêt de 30 millions à un monsieur partageant les bureaux de Grégoire Ahizimé. A la barre ce vendredi, Guy Akplogan a réaffirmé avoir fait le prêt en question. 

"Il y a Stanislas d'Alméida dans mon service. Mai j'ignorais qu'il a contracté un prêt", a réagi Ahizimé aux propos de Guy Akplogan. Pourquoi cette facilité à sortir de l'argent? "Ce n'était pas une facilité mais ceux qui sont en face de nous étaient dans la posture d'administratifs. Lorsqu'ils demandent un service, on ne pouvait pas refuser", a réagi Guy Akplogan. 

L'avocate Olga Anassidé entre dans le débat. L'avocate de l'Etat béninois voudrait savoir pourquoi Ahizimé parle de montant minoré au sujet du montant déclaré par la structure Icc-Services? "Les informations qu'on avait fournies étaient réelles", assure Akplogan qui dit ne pas savoir par rapport à quoi le montant aurait été minoré. "Ils ont déclaré 900 millions. Mais s'ils avaient eu l'agrément, c'est en ce moment qu'on aurait eu accès à leurs documents", justifie Grégoire Ahizimé. 

Col Souleymane Chabi, ex-directeur des renseignements, à la barre

Colonel de la gendarmerie à la retraite, Chabi Souleymane, ancien directeur des renseignements est présent à la barre pour déposer. Mais le statut sous lequel l'ex-patron des renseignements de Yayi (2006-2008) divise les avocats.

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  • AMOUSSOU
    il y a 2 mois

    Que les mis en causes soient tous interpellés. Rien que de voyous ambulants

  • AMOUSSOU
    il y a 2 mois

    Que les mis en causes soient tous interpellés. Rien que de voyous ambulants

  • AMOUSSOU
    il y a 2 mois

    Que les mis en causes soient tous interpellés. Rien que de voyous ambulants

  • AMOUSSOU
    il y a 2 mois

    Que les mis en causes soient tous interpellés. Rien que de voyous ambulants

  • Gilles
    il y a 2 mois

    Chers journalistes, veuillez bien regarder ce que vous nous balancez, vous mettez un titre et l’article qui suit ce titre est tout autre

  • Gilles
    il y a 2 mois

    Chers journalistes, veuillez bien regarder ce que vous nous balancez, vous mettez un titre et l’article qui suit ce titre est tout autre

  • La rédaction
    il y a 2 mois

    Bonjour monsieur Gilles. L'article est bien celui qui parle des sueurs froides données au pasteur Alokpo. Juste que la partie est réservée aux abonnés. Merci pour la compréhension