SECURITE HUMAINE 2 Commentaires

Edit tôt: on enterre des vivants au Bénin !

Olivier Ribouis
publié le 8 janvier 2019

Insolite et probablement rangé comme tous ces faits divers qu’on rapporte dans les médias, ce qui est arrivé au cimetière de Toura à Banikoara est révélateur d’un drame dont on ignore pour l’instant l’ampleur au Bénin. Bien avant la "ressuscitée de Banikoara", il y a le cas de dame Bernadette S. « une femme enceinte envoyée vivante à la morgue parce que déclarée morte quelques heures avant son accouchement par césarienne ».

cimetiere-benin Des vivants ont été précipités dans la tombe

Sortie d’une tombe. Ce n’est pas une blague. Encore moins le produit d’une tour de magie. Banikoara, au nord-Bénin, dame Zaratou K. a eu la rare chance de montrer un signe de vie à l’ultime moment où, imam, ses parents, proches, amis et autres ont commencé à déverser du sable sur ce qu’il considérait comme son cadavre. Dans la matinée du vendredi 04 janvier 2019, ses parents qui la croyaient morte depuis la soirée  du jeudi 03 janvier, l’avaient déjà conduit au cimetière pour lui indiquer sa dernière demeure. Seulement, son heure n’avait pas encore sonné. Elle était encore bien vivante.

« Quand on a mis le sable avec lequel on a mélangé de l’eau, nous avons constaté qu’une des planches s’est soulevée et on a entendu une toux, croyant que c’était parmi nous que quelqu’un avait toussé… on a enlevé l’une des planches qui se trouvait au niveau de sa poitrine, on a constaté en même temps que la position dans laquelle on l’avait mise a changé. Elle s’est retournée pour se retrouver sur le dos », témoignage de Guerra Soro, l’oncle de Zaratou  à Radio Parakou. Selon le médecin qui s’est occupé d’elle après son retour de la tombe, la bienheureuse Zaratou était juste dans un « coma hypoglycémique ».

Insolite et probablement rangé comme tous ces faits divers qu’on rapporte dans les médias, ce qui est arrivé au cimetière de Toura à Banikoara est révélateur d’un drame dont on ignore pour l’instant l’ampleur au Bénin. Bien avant la "ressuscitée de Banikoara", il y a le cas de dame Bernadette S. « une femme enceinte envoyée vivante à la morgue parce que déclarée morte quelques heures avant son accouchement par césarienne »,  ressassé souvent par  Médard Koudebi, celui qui lutte depuis plusieurs années pour l’assainissement du milieu des pompes funèbres au Bénin.

 Des personnes qu’on précipite dans le sépulcre avec le souffle de vie. Oh Dieu ! Difficile d’imaginer  quel pourrait être le supplice d’un homme qui se réveille dans le noir d’une tombe scellée des heures après l’adieu précipité de ses proches. Condamné à mourir d’une mort lente sous une chaleur asphyxiante par l’erreur de gens trop pressés de se débarrasser d’un corps décrété sans vie sans aucune expertise médicale.

Il y a, et c’est le moment d’y insister, un désordre qui ne dit pas son nom dans la gestion de la fin de vie au Bénin. Depuis des lustres, pour peu que quelqu’un cesse momentanément de montrer de signe physique de vie, sa mort est décrétée au sein des  familles par des individus qui s’autoproclament médecin. Tenez, dans le cas de dame Zaratou, elle a été déclarée morte par ses parents aux environs de 19heures, soit à une heure où l’inhumation ne pouvait pas se faire convenablement selon les rites musulmans. Ç’aurait donc été en pleine journée, qu’elle aurait été inhumée aussi rapidement que possible, perdant éventuellement toute chance de revenir à la vie.  On se demande ce qui a bien pu empêcher les parents de faire appel à un médecin entre 19 heures et 9heures du lendemain où elle a été mise au tombeau.


Cela est d’autant plus aberrant qu’on se demande, ce que cela coûterait aux témoins d’une fin de vie de se rapprocher d’un médecin pour avoir un avis médical certifiant la mort du supposé disparu. Trop, perdure le désordre auquel on assiste au Bénin au tour de la mort. Il serait temps d’arrêter l’expédition de vivants dans l’antre de la mort. Plus tard sera vraiment tard !


  • SETO GASTON
    il y a 2 mois

    Bonjour à toutes et à tous. Les cas de mort précipitée que vous venez de dénoncer dans cet article ne sont pas sans précédent. C'est un phénomène très récurent et il est temps que nos autorités réagissent. J'ai lu votre article avec une grande attention et j'ai vu que vous avez bien fait vos investigations. Tout ce que vous avez dit à propos de la dame est vrai. Le jour où la scène se passait j'étais avec une dame natif du village de la dame supposée morte. Après m'avoir fait écouter un audio qui retrace les faits venant de se produire un petit débat jaillit entre nous. De là mon interlocutrice m'annonça que leur habitat dans le village n'est pas loin d'une cimetière ce qui leur permet d'entendre souvent des cris venant des tombes la nuit quand tout est calme , mais que malheureusement on ne déterre pas après un enterrement parce que cela porte malheur. Ceux qui l'ont essayé n'ont plus vécu longtemps. Même si on se rend compte que la personne vie personne ne peut se porter volontaire pour déterrer le vivant. Cette dame a eu de la chance que l'inhumation n'est pas allée à terme avant de réagir c'est ce qui l'a sauvé.

  • SETO GASTON
    il y a 2 mois

    Bonjour à toutes et à tous. Les cas de mort précipitée que vous venez de dénoncer dans cet article ne sont pas sans précédent. C'est un phénomène très récurent et il est temps que nos autorités réagissent. J'ai lu votre article avec une grande attention et j'ai vu que vous avez bien fait vos investigations. Tout ce que vous avez dit à propos de la dame est vrai. Le jour où la scène se passait j'étais avec une dame natif du village de la dame supposée morte. Après m'avoir fait écouter un audio qui retrace les faits venant de se produire un petit débat jaillit entre nous. De là mon interlocutrice m'annonça que leur habitat dans le village n'est pas loin d'une cimetière ce qui leur permet d'entendre souvent des cris venant des tombes la nuit quand tout est calme , mais que malheureusement on ne déterre pas après un enterrement parce que cela porte malheur. Ceux qui l'ont essayé n'ont plus vécu longtemps. Même si on se rend compte que la personne vie personne ne peut se porter volontaire pour déterrer le vivant. Cette dame a eu de la chance que l'inhumation n'est pas allée à terme avant de réagir c'est ce qui l'a sauvé.