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Bénin : les têtes de Talon et Mahougnon réclamées par des enseignants contestataires à Ouidah

Olivier Ribouis
publié le 12 janvier 2019

Opposés à l’évaluation intellectuelle qu’ils ont boycottée ce samedi 12 janvier 2019, des enseignants ont en chant, appelé à la démission du Président Talon et du ministre Kakpo Mahougnon.

patrice-talon Patrice Talon

Cela relève de l’ordre de l’inadmissible pour ces enseignants du centre de composition du CEG1 de Ouidah. Farouchement opposés à l’évaluation de diagnostic du niveau des enseignants dans l’enseignement général du secondaire, ils ont non seulement boycotté la composition, mais aussi organisé un vacarme pour demander le départ du Président Patrice Talon et de son ministre de l’enseignement secondaire, Kakpo Mahougnon. 

« Nous venons de leur montrer que leur menace ne suffit pas. Nous avons montré à Kakpo Mahougnon que même si nous sommes administratifs, nous attendons les lettres de suspension demain. Nous n’avons pas peur pour nos postes », a vertement déclaré le leader de la contestation. Syndicaliste dans l’âme, cet enseignant a appelé ses camarades à chanter pour appeler à la démission du Président Patrice Talon et son ministre. « Partir, tu partiras pour qu’il y ait la paix par ici. Talon, tu partiras pour qu’il y ait la paix par ici. Qui agit comme tu le fais ne perdure guère ici », a-t-il entonné en langue fon avant que la foule de protestataire ne reprenne en chœur. « Tu partiras pour qu’il y ait la paix par ici. Kakpo Mahougnon, tu partiras pour qu’il y ait la paix par ici », ont-ils aussi chanté.

Visiblement pas inquiet pour les sanctions administratives qui pourraient leur tomber dessus, le leader de la contestation a invité ses camarades à aller vaquer à leurs préoccupations du week-end. « Allez chez  vous ! Aujourd’hui c’est samedi, il y a des cérémonies. Allez manger, allez à vos réceptions. Nous avons déjà vaincu et nous vaincrons ! », a-t-il lancé.

Au-delà de Ouidah, le boycott s’est généralisé à plusieurs centres de composition.  Les enseignants contestataires estiment que l’évaluation à laquelle ils sont soumis est une forme d’humiliation inadmissible.

Du côté du gouvernement, on assure que cette évaluation devrait permettre de jauger le niveau des enseignants  et identifier les tares à corriger à leur niveau pour une amélioration de la qualité de l’enseignement au Bénin. Le test, selon les autorités, n’a pas pour but de sanctionner les enseignants déficitaires. 


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