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Bénin-OGM: mobilisation contre une demande de ratification sur la table des députés

Léonce Gamai
publié le 10 février 2019

Sur les réseaux sociaux au Bénin, les publications se multiplient pour inviter les députés à rejeter la convention UPOV sur les organismes génétiquement modifiés, programmée pour la plénière du lundi 11 février 2019 à l’Assemblée Nationale.

Bénin mobilisation contre les ogm Un panneau dans une ville béninoise lors d'une campagne anti-OGM

 

Les députés béninois vont se pencher lundi 11 février 2019 sur une demande de ratification de la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (Upov). L’alerte avait été donnée en fin de semaine par le député opposant Guy Mitokpè. «Notre Parlement s’apprête à voter l’autorisation de ratification sur les OGM lundi 11 février. Dommage… », annonçait le plus jeune député béninois sur son compte Facebook. Diffusée par plusieurs médias locaux, l’information a suscité une vive réaction chez les acteurs du secteur agricole. «Il s'agit d'une de loi favorable à la privatisation et au brevetage de nos semences paysannes par des multinationales et les individus les plus nantis ; une loi qui va conduire à la perte des droits et libertés de choix des paysans et paysannes du Bénin sur leurs propres semences, les rendant ainsi dépendants des détenteurs des brevets sur leurs semences ; une loi qui vise à introduite les OGM dans notre pays », prévient Synergie Paysane dans un message abondamment relayé sur les réseaux sociaux.

Ce mouvement syndical des paysans du Bénin s’étonne que «les députés s'apprêtent à voter le lundi prochain 11 février 2019 alors que le 17 décembre 2018 (il y a quelques jours seulement) le Bénin a voté pour l’adoption de la "Déclaration des Nations Unies sur les droit des paysans et des autres personnes travaillant dans le monde rural"; une déclaration dont les dispositions, en particulier celles de l'article 19 à la page 16 sont contraires à cette loi que nos députés s'apprêtent à voter.» Le mouvement qui milite pour placer les paysans au centre des défis du monde que sont la sécurité alimentaire et l’accès aux facteurs de production et la protection de l’Environnement «demande aux députés d'être responsables.»

Sit-in annoncé au Parlement

«Upov est une convention internationale pour la privatisation de nos semences agricoles ancestrales, et une autorisation de l'importation et de la manipulation des Organismes génétiquement modifiés, même les plus cancérigènes sur notre territoire national », insiste Dr Brice Sohou, environnementaliste et spécialiste des risques et catastrophes. «Pire, enfonce ce militant éco-citoyen, toutes les semences ancestrales que nos paysans cultivaient librement seront brevetées, limitées d'accès et ils paieront une caution supplémentaire de protection végétale aux nouveaux détenteurs.» Connu pour son engagement pour la cause environnementale, Brice Sohou invite la population à une «grande mobilisation» devant le siège du Parlement, à Porto-Novo, ce lundi matin. Il sera question de «dire non à cet acte récidive de haute trahison».

 


  • Tidjane Barry
    il y a 5 mois

    En avant pour les luttes nobles que nos populations conscientes engagent pour la sauvegarde de nos cultures ancestrale qui sont sans cancer