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Bénin/Accès des femmes à la terre : dialogue communautaire avec des acteurs locaux de Zè et Allada

Olivier Ribouis
publié le Jul 29, 2019

A Ouidah, les 29, 30 et 31 juillet se tient une série d’atelier de dialogue communautaire pour un renforcement des droits de revendication à l’accès à la terre des femmes en milieu rural. Ce lundi, ce sont des élus locaux et dignitaires des communes de Zè et Allada qui ont ouvert le bal avec la fondation Konrad Adenauer.

benin-acces-femmes-terre-dialogue-communautaire Ouverture du dialogue communautaire pour l'accès des femmes à la terre

Les actions de la fondation Konrad Adenauer pour l’effectivité du droit d’accès à la terre des femmes en milieu rural au Bénin se poursuivent. Ce lundi 29 juillet 2019, s’est ouverte une nouvelle série d’ateliers  avec des acteurs à la base de la gestion des affaires foncières. Organisée sur le thème « Gouvernance foncière inclusive : Dialogue communautaire pour une amélioration des droits de revendication à l’accès à la terre des femmes en milieu rural », la série d’ateliers dure trois jours à Ouidah. A l’entame, le premier groupe est constitué des participants des communes de Zè et Allada parmi lesquels on retrouve des chefs de village, des chefs de service affaire domaniale et environnement, des dignitaires et autres.

Les femmes écartées de la terre

benin-acces-femmes-terre-dialogue-communautaire Les participants et organisateurs du dialogue communautaire pour l'accès des femmes à la terre

Au premier jour, c’est avec des participants des communes de Zè et Allada dans le département de l’Atlantique que des consultants ont entamé les discussions. En amont, Mounirou Tchacondoh, le Coordonnateur de la fondation Konrad Adenauer pour le Bénin a fait l’état de la situation des femmes à la terre en milieu rural.

« Bien qu’il existe une volonté de la part des autorités pour la promotion des droits des femmes à travers la ratification de presque toutes les conventions internationales sur le sujet, force est de constater que les dispositifs juridiques et réglementaires pour une égalité de droits et de chances entre les hommes et les femmes, notamment en matière foncière n’est pas une réalité pour le moment », a déclaré Mounirou Tchacondoh.  Cette situation, a-t-il relevé, est due à un ensemble de facteurs, parmi lesquels une forte application des règles coutumières et religieuses, la persistance des réalités socioculturelles, l’ignorance des textes de loi régissant le foncier, des injustices dans les attributions, un manque de formation des femmes, une faible représentation féminine au niveau des instances de prise de décisions au niveau local, ainsi que de la faible capacité financière des femmes ».

Ce que dit le coordonnateur est également confirmé par les participants qui ont connu la délicatesse du problème foncier. « Je dois dire que cet atelier est le mien. J’ai déjà eu beaucoup d’idées », témoigne, sa majesté Djomamousso, le roi de Zè centre qui apprend que les conflits domaniaux occasionnent des divisions et des morts dans sa localité.

Les points de discussion

armelle-nago-elegbede-konrad-adenauer-benin-acces-femmes-terre Armelle Nago Elegbede, Communicatrice au dialogue communautaire pour l'accès des femmes à la terre

Au cœur de ce dialogue qui se veut communautaire, les explications des dispositions légales, notamment le code foncier et domanial adopté en 2013 et modifié puis complété en 2017 qui est en vigueur au Bénin. Les premières discussions avec Armelle Nago Elegbede, Chef bureau communal du domaine et du foncier de l’ANDF à Ouidah ont porté  sur le dispositif juridique et institutionnel pour l’accès des femmes à la sécurisation foncière. Elle a notamment présenté les actes de présomption de droit propriété et les processus pour leur obtention.  Après elle, c’est la juriste-consultante Solange Catherine Alitonou qui a entretenu les participants sur « les rôles et responsabilités des acteurs locaux qui interviennent dans le règlement à l’amiable » dans la médiation foncière. Aussi, leur a-t-elle expliqué, les attribution des SVGF (Sections villageoises de gestion foncière) et CoGeF (Comité de gestion foncière). Il revient que les médiateurs que peuvent être les participants, doivent être impartiaux et avoir des qualités qui les crédibilisent.

A travers cet atelier organisé dans le cadre du projet « Un seul monde sans faim », la KAS entend entre autres, « Promouvoir un cadre de dialogues multipartites favorables à l’accès et le contrôle des terres par les femmes ». Sensibilisés sur le dispositif institutionnel et juridique mis en place pour gérer le foncier au Bénin, les acteurs locaux ayant participé à cette formation doivent, selon le coordonnateur, contribuer à « bâtir des réseaux et impulser le dialogue pour un renforcement des droits de revendication à l’accès à la terre des femmes en milieu rural ».


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