SECURITE HUMAINE 0 Commentaire

Bénin : plus de 4 000 cas de violences basées sur le genre entre 2013 et 2017

Falilatou Titi
publié le 2 décembre 2019

Depuis 2014, les Centres intégrés de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (CIPEC-VBG) ont permis d’accueillir et de combattre les VBG au Bénin. Pélagie Houndodjadé Assogba, Assistante sociale et actrice clé de la lutte contre ce type de violences s’est entretenue avec les professionnels des médias à l’Ambassade des Etats-Unis, à Cotonou, ce lundi 2 décembre 2019.  

pelagie-houndodjade-assogba Pélagie Houndodjadé Assogba, Assistante sociale au CIPEC-VBG Parakou

Femmes et hommes, victimes de violences basées sur le genre (VBG) sont de plus en plus nombreux à plus se cacher derrière leurs problèmes. Leur suivi psychologique, économique, sociale, voire juridique est assuré par les Centres intégrés de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (CIPEC-VBG). Selon Pélagie Houndodjadé Assogba, Assistante sociale au CIPEC-VBG Parakou, il y a trois centres actifs au Bénin dont un à Cotonou (Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant), à Abomey (Centre hospitalier universitaire du Zou) et un à Parakou (centre hospitalier universitaire du Borgou). Depuis l’installation du premier centre en 2014 jusqu'en 2017, apprend l’Assistante sociale, plus de 4 000 victimes ont été prises en charges et plus de 500 personnes (magistrats, infirmiers, médecins, assistants sociaux, etc.) ont été formés sur la thématique.

« De janvier à octobre 2019, nous avons enregistré 246 victimes au centre de Parakou », fait savoir Pélagie Houndodjadé. Parmi ces cas de VBG, il y a 103 viols sur mineurs et 62 violences physiques.  Le reste, explique l’assistante sociale, sont d’ordre verbal, économique et psychologique. Au cours des 11 derniers mois, le CIPEC de Parakou a également enregistré 25 hommes victimes violences basées sur le genre. « Nous avons constaté que les hommes n’aiment pas dénoncer », a-t-elle fait remarquer. « Nous avons également mis en place un système pour protéger les victimes qui viennent dénoncer », poursuit-elle. Vu la délicatesse de certains cas de VBG, apprend l’assistante sociale, des psychologues ont été associés au personnel des CIPEC. Pour prévenir les VBG, les CIPEC organisent des séances de sensibilisation à l’endroit des populations notamment sur le respect mutuel dans le couple.

Malgré tout le travail, les CIPEC manquent d’emplacement pour accueillir les femmes victimes de VBG. « Ailleurs les gens disposent de centres d’accueil pour adultes. Ici nous n’en avons pas alors que la demande est là », plaide l’assistante sociale. Les CIPEC-VBG encore appelés Centres de soins « One stop » ont été installés avec le soutien de l’USAID dont l’objectif est de contribuer à réaliser la vison d’un Bénin capable de mieux promouvoir une société plus saine et plus inclusive. Selon Pélagie Houndodjadé, ces centres ont non seulement permis de rendre justice à des victimes mais aussi de ramener la paix et l’harmonie dans plusieurs foyers. Bientôt, apprend-on, les villes de Lokossa, Porto-Novo et Natitingou seront dotées chacune d’un CIPEC-VBG. Pour cette année 2019, les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre ont démarré le 25 novembre et prennent fin le 10 décembre.


Vous pouvez désormais commenter les articles en tout anonymat. toutefois tout commentaire deplacé sera simplement retiré. merci