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Bénin: engagement des acteurs politiques pour l’accès des femmes à la terre en milieu rural

Donald Kevin Gayet (Stag)
publié le Dec 21, 2019

La question de l’accès et la sécurisation de l’accès des femmes au foncier en milieu rural a reçu un écho favorable au sein des acteurs politiques. Des recommandations ont été faites lors d’un atelier organisé les 18 et 19 décembre 2019 à Ouidah par la fondation Konrad Adenauer pour accompagner la gente féminine.

kas Le présidium à la cloture de l'atelier 

 

L’accès de la femme à la terre a des répercussions économiques et influence positivement le développement durable. C’est l’une des conclusions de l’atelier organisé le 18 et 19 décembre 2019 à Ouidah par Konrad Adenauer Stiftung dans le cadre du projet « un seul monde sans faim ». Selon Sylvain Zinsou, consultant et rapporteur de l’atelier, plusieurs recommandations ont été faites pour conjuguer au passé les difficultés des femmes à accéder à la terre notamment dans les milieux ruraux. « La femme doit disposer de son droit d’acquérir des terres au même titre que les hommes et les sécuriser à travers des actes de propriété légaux», a-t-il souligné. Dans son rapport, il a fait comprendre que les femmes en milieu rural ignorent encore les dispositions en vigueur en matière du foncier au Bénin. Il est souhaité la vulgarisation du Code foncier et domanial et la sensibilisation de la population sur la sécurisation des terres et les cadres institutionnels. Pour Sylvain Zinsou, il est nécessaire d’enregistrer les transactions d’achats ou d’héritage des terres pour éviter les conflits domaniaux.

En plus, il ressort des résolutions que la perception des chefs religieux et traditionnels sur la question du foncier ne favorise pas l’autonomisation des femmes en milieu rural. « Il est proposé que le législateur prenne désormais en compte nos us et coutumes dans l’élaboration et le vote des lois de la République », a indiqué le rapporteur. Les participants appellent à une prise de conscience de chacun des Béninois dans la mise en application des textes de la République notamment ceux qui concernent la question du genre. A cela, ils ont invité les autorités à élaborer un programme éducatif pour instruire les enfants sur la question d’égalité des sexes. « La responsabilité des acteurs politiques est fortement engagée dans le débat puisqu’ils sont non seulement les porteurs de voix des populations, mais aussi les décideurs. C’est pourquoi, une part importante des recommandations les interpelle afin qu’ils prennent en compte les avis du peuple dans leurs prise de décision », a conclu Sylvain Zinsou.     

L’engagement des acteurs politiques

Plusieurs partis politiques ont répondu présent à l’appel de la fondation Konrad Adenauer pour débattre du thème : «accès et sécurisation d’accès des femmes au foncier rural». Satisfaire des débats et convaincu de ce que la femme représente dans la société, la première adjointe au maire de la commune de Kpomassè, Bibiane Adamazè Soglo a promis s’engager plus dans le domaine du foncier avec ses associations. « J’accompagne déjà les femmes de ma commune dans leurs activités économiques mais pas dans le domaine du foncier. Je me ferai désormais le devoir d’être le guide de ces femmes », a-t-elle déclaré. La représentante du Bloc républicain entend faire un compte rendu fidèle pour que des sensibilisations puissent être organisées à la base.

kas

Pour sa part, Kérékou Yérima, représentant de l’Union progressiste (UP) a estimé que la question du foncier doit être davantage prise au sérieux. « La terre est l’immeuble de tout paysan, un instrument de développement économique notamment dans les zones rurales », a-t-il confié. Pour ce membre du bureau politique de l’UP, les acquis de l’atelier incitent à vulgariser la loi sur le foncier au Bénin. « Nous allons nous y mettre et faire en sorte que l’information puisse passer à la base afin que les populations notamment les femmes bénéficient de l’égalité d’accès à la terre », a espéré l’enseignant chercher. Mireille Yèhouessi, représentante de l’Union Sociale Libérale a annoncé son engagement aux côtés des femmes rurales sur la question du foncier. « Je crois qu’avec ce j’ai appris au cours de l’atelier, je serai plus tôt que prévu avec les femmes rurales, parce que j’adore aussi travailler la terre », a-t-elle laissé entendre. Dans son intervention, elle a rassuré la fondation de ce que sa formation politique prendra à bras le corps cette question d’accès des femmes à la terre.     

La satisfaction des organisateurs  

Le coordonnateur de la fondation Konrad Adenauer pour le Bénin, Mounirou Tchakondo a dit toute sa satisfaction des échanges. « Notre objectif est atteint, car la vision était de créer un cadre de dialogue politique, de discussions, de propositions de solutions et je crois que nous y sommes arrivés avec des résolutions pertinentes », a-t-il affirmé. Le coordonnateur a exprimé sa satisfaction non seulement pour la qualité des échanges, mais aussi pour la qualité des participants. « Je voudrais ici me réjouir de ce que certains participants sont des membres du bureau politique des partis », a-t-il poursuivi. « Nous espérons que les états-majors des partis prendront des mesures nécessaires et favorables à l’accès des femmes à la terre, a-t-il souhaité. Je suis dans l’espoir de croire que ce qui a été fait ici sera transmis à un niveau de décision plus haut pour que des réflexions puissent être menées pour le bonheur de la femme et de la Nation entière».

Il a, par ailleurs, salué les autorités pour avoir mis sur pied cette loi de référence qu’est le code foncier et domanial. « Depuis trois ans que nous travaillons dans le domaine, nous avons constaté qu’il y a une avancée au niveau du cadre juridique, de la mise en place des infrastructures de gestion et d’encadrement des terres », a fait remarquer Mounirou Tchakondo.


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