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Bénin : les syndicats de la santé réunis pour renforcer leur résistance à Talon

Falilatou Titi
publié le Jan 23, 2020

Les syndicats du secteur de la santé se sont réunis mercredi 22 janvier 2020 à Cotonou pour faire l’état des lieux de leurs revendications depuis le retrait du droit de grève. Les échanges ont eu lieu sous la houlette du bureau du Collectif des syndicats du secteur au Ministère de la santé.

adolphe-oussou-et-soule-salako Adolphe Oussou (à gauche), porte-parole du Collectif des syndicats du secteur de la Santé et Soulé Salako, SG SYNTRASESH

« Devons-nous nous taire après qu’on nous ait retiré le droit de grève dans les conditions que vous connaissez ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de revendication pour exiger nos droits pendant qu’on nous harcèle, nous embrigade dans une panoplie de textes de répression. Allons-nous nous taire pour subir et faire subir nos militants ? ». Telles sont entre autres les raisons qui fondent la séance de travail du collectif des syndicats du secteur de la santé, mercredi 22 janvier 2020 à Cotonou. Selon Adolphe Oussou, porte-parole du Collectif, l’objectif de cette rencontre est de réunir tous les syndicats du secteur pour une journée de réflexion sur la gestion du partenariat avec l’administration (Ministère de la Santé, ndlr).

Pour le syndicaliste, les droits des travailleurs du secteur de la santé « sont allègrement bafoués, l’emploi précarisé, les différentes instances de rencontre et décisions désorganisées et banalisées, le temps de travail et les gardes et astreintes embrouillés, la terreur semée dans tous les cœurs des travailleurs qui sont livrés à la vindicte populaire ». C’est pourquoi après plusieurs années de lutte, le collectif a décidé d’organiser une journée bilan des activités syndicales, notamment au titre de l’année 2019, afin de prendre des résolutions responsables et pertinentes pour l’avenir. Le thème de cette journée est : « Que sont devenues les revendications après le droit de grève ? ».

Depuis le retrait du droit de grève aux agents de santé, fait savoir Soulé Salako, Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine (SYNTRASESH) et membre du collectif, « les activités sont imposées par l’Etat sans tenir compte des contraintes de terrain comme les gardes, les astreintes ». Mais en même temps, a-t-il déploré, les heures supplémentaires ne sont pas payées. « Les pays européens que nous copions notamment la France n’ont jamais traités leurs travailleurs ainsi. Tout travail est rémunéré même si on estime que ce n’est pas suffisant. Mais en République du Bénin, le travail fait n’est pas payé et cela est normal aux yeux de nos autorités », a ironisé le syndicaliste.

Les réformes dans le secteur, soutient Soulé Salako, ont fait des agents du ministère de la santé « des esclaves qui n’ont aucun droit ». Car, justifie-t-il, les avancements ne se font pas, les reclassements non plus. Mieux, le syndicaliste estime que les autorités se moquent des travailleurs en leur demandant, après s’être évertués à sauver des vies, de « remplir un tas de papier » dont on ignore la finalité.

Plus de 10 revendications non satisfaites

« C’est avec le sentiment de diriger une troupe dont le moral est très bas que le collectif a démarré l’année 2019 », a laissé entendre le syndicaliste, après avoir fait un bref aperçu des activités syndicales en 2017 et 2018.  Malgré cet état de chose, se réjouit-il, les travailleurs rien n’a émoussé les ardeurs des travailleurs. Dans sa présentation, le secrétaire général du SYNTRASESH a marqué un point d’honneur sur les revendications. Selon son exposé, depuis 2017, sur 16 revendications seulement 4 ont été satisfaites dont la régularisation de la situation administrative des agents contractuels de l’Etat recrutés au titre de l’année 2014 dont certains sont sans salaires.

Même si certaines sont en cours de satisfaction, celles qui n’ont pas du tout été satisfaites sont plus nombreuses selon Soulé Salako. Il s’agit entre autres de : la prise en compte de la qualification professionnelle des agents partis en formation hors plan de formation ; la correction des disparités catégorielles des agents contractuels de l’Etat ; le paiement des heures supplémentaires dues aux travailleurs des hôpitaux ; la signature du décret portant revalorisation de l’indemnité de logement du personnel paramédical et administratif du ministère de la santé et de Centre national hospitalier universitaire (CNHU) Hubert Maga.

Outre ces revendications, le Collectifs des syndicats du secteur de la santé demande entre autres : l’adoption du décret sur la relecture du statut particulier des agents de santé ; la délivrance des cartes ou numéros d’immatriculation de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à tous ceux qui ont déposé leurs dossiers depuis plusieurs années.


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