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Police béninoise : gardiens et brigadiers de paix lancent un syndicat

Olivier Ribouis
publié le May 27, 2017

Réunis ce samedi 27 mai 2017 à l’Infosec de Cotonou, les gardiens et brigadiers de la paix de la police nationale du Bénin tiennent le congrès constitutif d’un nouveau syndicat pour la défense des intérêts de leur sous corporation.

Des policiers béninois

 

Syndicat national des gardiens et brigadiers de paix de la police du Bénin (Synagab-Police-Bénin). C’est le nouveau-né du monde syndical à la police béninoise. Il est porté sur les fonds-baptismaux  ce samedi  27 mai 2017 à travers un congrès constitutif qui se tient à l’Infosec de Cotonou. A travers ce nouveau mouvement syndical, les policiers béninois entendent mieux se battre pour la défense de leurs intérêts. « Nous sommes aussi des fonctionnaires et on a le droit d’être aussi épanouis. On travaille pour son épanouissement, on travaille pour être heureux, pour être libre. Nous avons réfléchis et nous nous sommes dit qu’il faut mettre sur pieds un syndicat des brigadiers et gardiens de la paix… Je suis heureux qu’il y ait un congrès pour enfin mettre sur pieds ce syndicat » a déclaré Apegnan Komlanvi, un des responsables du comité d’organisation dudit congrès.  La naissance du Synadab, selon les organisateurs, est le produit d’un long processus  de trois ans, semé d’embûches pour les gardiens et brigadiers de paix qui se disent lésés et laissés pour compte à la police béninoise. « Ça fait très bien longtemps que nous nous sommes engagés dans une lutte. Une lutte que tous les brigadiers et gardiens de la paix connaissent. On en a fait les frais, les séquelles sont là. Ce n’est pas une raison pour démordre, nous n’allons pas démordre. On ira jusqu’au bout » a lancé le policier Apegnan sous les ovations de ses camarades du syndicat naissant.

Frustrés, mais pas rebelles

Sur tous les fronts à risque de  la police, les gardiens et brigadiers de paix ont exprimé une grande frustration à l’origine de la décision de se constituer en syndicat. «  Tout un chacun de nous sait qu’il urge à ce qu’il y ait un syndicat pour les gardiens et brigadiers de paix… si le congrès n’a pas lieu, quel serait notre sort et quel serait le sort des gardiens brigadiers de paix. Même hier passé, des gens sont morts arme à la main… tout juste hier là, les gens viennent de tomber arme à la main.  Et au jour le jour, c’est les gardiens de paix » a déclaré dans un français approximatif, Valentin Amadé un membre du comité d’organisation agacé par leur situation à la police nationale. Le Synagab-Police-Bénin est affilié à la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin. Pour Paul Paul Essè Iko, le secrétaire général de la CSTB, la naissance du Synagab doit être applaudie et soutenue. « Ils n’ont pas le minimum pour survivre et pour se défendre » s’est-il plaint pour eux rappelant que les gardiens et brigadiers de paix sont moins équipés que les malfrats et les braqueurs qu’ils combattent au quotidien au prix de leur vie.  Selon lui, la hiérarchie policière ne doit pas réprimer le  syndicat naissant. « Je pense que la hiérarchie comprendra.  Suivant les textes de lois, nous les  avons aidés à s’organiser » a-t-il dit.  Les membres du nouveau syndicat assurent aussi qu’ils ne viennent pas se rebeller contre la  hiérarchie. « Nous ne formons pas un syndicat pour la rébellion. Non ! On forme un syndicat pour défendre ses droits, ses intérêts, dans la discipline et dans le strict respect des textes. Notre statut de corps paramilitaire nous l’impose d’ailleurs. De ce fait, j’invite tous les camarades à réfléchir à fond » a clarifié Apegnan.  A noté, que le Synadab a le soutien de l’ODHP de Me Baparapé présent au congrès constitutif.


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